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L’ancien directeur adjoint de l’École doctorale des sciences agronomiques, Marcel Houinato, a engagé une procédure judiciaire contre l’Institut National de la Femme (INF) ainsi que trois autres personnes, qu’il accuse notamment d’immixtion dans le fonctionnement des juridictions et de complicité de harcèlement par voie informatique.

Détenu à la suite de sa condamnation en première instance à dix années de réclusion criminelle dans une affaire de viol, l’universitaire a comparu ce mercredi devant le tribunal de première instance de première classe de Cotonou. Contestant cette décision, il a régulièrement relevé appel, de sorte que la procédure demeure pendante devant la juridiction du second degré.

À l’ouverture de l’audience, le ministère public a requis la consignation préalable d’une caution de trois millions de francs CFA par la partie civile avant tout examen du dossier au fond.

Cette réquisition a suscité de vives réactions de la défense. Me Olga Anassidé, l’une des avocates du demandeur, a dénoncé un montant qu’elle estime excessif, soutenant que la consignation ne saurait constituer un obstacle à l’accès au juge et à l’exercice effectif du droit d’ester en justice.

Malgré ces observations, le tribunal a fait droit aux réquisitions du parquet et ordonné le versement de la caution. Marcel Houinato dispose ainsi d’un délai expirant le 1er juillet 2026 pour justifier du paiement de cette somme.

L’Institut National de la Femme était représenté à l’audience par Me Nelson Hans, substituant Me Bachard Liamidi.

Une publication au cœur du contentieux

La procédure trouve son origine dans une communication vidéo diffusée sur les réseaux sociaux par la secrétaire exécutive de l’INF à propos de la condamnation prononcée en première instance contre Marcel Houinato.

Pour les conseils du plaignant, cette prise de parole publique soulève une question juridique sensible dès lors que l’affaire demeure soumise à l’appréciation de la Cour d’appel. Ils soutiennent qu’une telle communication, intervenant alors que les voies de recours ne sont pas épuisées, pourrait être analysée comme une forme d’immixtion dans le fonctionnement des juridictions et être susceptible de porter atteinte aux principes fondamentaux gouvernant le procès équitable, notamment celui de la présomption d’innocence.

Interrogé sur ces accusations, le conseil de l’INF a indiqué ne pas souhaiter commenter le fond du dossier à ce stade de la procédure, tout en confirmant que l’action engagée est liée à cette publication. La défense de l’institution entend réserver ses arguments pour les débats à venir devant la juridiction compétente.

Le dossier est renvoyé dans l’attente de la justification du paiement de la caution exigée par le tribunal.

Hugues Hector ZOGO

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