Ce qui, il y a encore quelques semaines, relevait pour certains du simple bruit de couloir semble désormais prendre une tournure beaucoup plus concrète au sein de la Société de Radio et de Télévision du Bénin (SRTB). Le projet de licenciement visant plusieurs dizaines d’agents de la maison des médias publics béninois continue de susciter inquiétudes, réactions syndicales et prises de position au sein de la corporation médiatique nationale.
Selon plusieurs sources concordantes, 169 agents sont concernés par cette procédure de licenciement dont la mise en œuvre était initialement envisagée autour du mois de mars 2026. Une situation qui alimente depuis plusieurs semaines un climat de tension et d’incertitude dans les rangs des travailleurs de l’entreprise publique.
Très tôt, les principales centrales syndicales, notamment la CSA-Bénin, la CGTB et l’UNSTB, étaient montées au créneau pour dénoncer une démarche qu’elles qualifient de « procédure abusive » et de « guet-apens administratif ». Les responsables syndicaux affirment que les travailleurs concernés n’auraient bénéficié ni d’un dialogue préalable suffisant ni d’un accompagnement conforme aux exigences du droit social béninois.
Dans leurs différentes déclarations, les organisations syndicales réclament l’arrêt immédiat de la procédure ainsi que la réintégration des agents concernés. Elles évoquent également des risques de violation des dispositions du Code du travail béninois, notamment en matière de licenciement collectif et de protection des droits des travailleurs.
Au fil des jours, les signaux se multiplient et tendent à confirmer l’existence d’une démarche engagée par la direction de la SRTB vis-à-vis de certains employés. Plusieurs réactions continuent ainsi d’être enregistrées au sein du paysage médiatique béninois, dans un contexte où les interrogations demeurent nombreuses sur les motivations profondes, les critères retenus et les conséquences humaines et sociales d’une telle décision.
Dans cette dynamique, l’Union des Professionnels des Médias du Bénin (UPMB) a également réagi à travers un communiqué signé par son président, Hervé Prudence HESSOU.
Dans ce communiqué, l’organisation professionnelle indique avoir appris « avec consternation » que des agents de la SRTB aient effectivement reçu leur lettre de licenciement. L’UPMB affirme suivre avec une grande attention l’évolution de cette situation qui touche plusieurs professionnels des médias publics.
Par la voix de son président, l’organisation témoigne sa proximité et sa solidarité à l’endroit de tous les agents affectés par cette mesure. Elle évoque notamment la dimension humaine de cette crise sociale, dans un secteur déjà confronté à de nombreux défis liés à la précarité de l’emploi, aux mutations technologiques et aux transformations du paysage audiovisuel.
Sans adopter un ton de confrontation directe, l’UPMB appelle toutefois les autorités étatiques à faire preuve de responsabilité et d’humanité dans la gestion de ce dossier sensible. La faîtière invite l’État à garantir aux personnes concernées des mesures d’accompagnement « à la hauteur de la détresse causée », insistant sur la nécessité de préserver la dignité des travailleurs impactés. Communiqué UPMB SRTB_073322
Cette affaire intervient dans un contexte où les réformes des entreprises publiques et les impératifs de rationalisation administrative suscitent régulièrement des débats sur l’équilibre entre performance institutionnelle et protection sociale. Pour de nombreux observateurs, au-delà de la question des chiffres, le dossier SRTB pose désormais une interrogation plus large sur la gestion des ressources humaines dans les médias publics et sur la place accordée au dialogue social dans les processus de restructuration.
Alors que les regards restent tournés vers la direction de la SRTB et les autorités compétentes, les prochains jours pourraient être décisifs pour l’évolution de ce dossier aux implications sociales, professionnelles et humaines particulièrement sensibles.
Hugues Hector ZOGO

