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Le 18 avril 1861 – le 18 avril 2026.
Cent soixante-cinq années se sont écoulées depuis qu’un événement fondateur a marqué à jamais l’histoire spirituelle du Bénin : l’arrivée des premiers missionnaires de la Société des Missions Africaines sur la plage de Ouidah.

Ce jour-là, à bord du navire d’Estaing, deux prêtres — Francesco Borghero et Francisco Fernandez — foulent pour la première fois la terre dahoméenne. Une troisième figure, le Père Louis Edde, devait être de cette mission, mais la mort l’avait précédé à Freetown.
Ainsi commence une aventure spirituelle, humaine et culturelle qui, 165 ans plus tard, continue de porter ses fruits.

Les pionniers d’une foi enracinée

L’histoire de l’Église catholique au Bénin est d’abord celle d’hommes venus de loin, mais qui ont choisi d’habiter durablement cette terre. Parmi eux, une figure se distingue par la profondeur de son engagement : François Steinmetz.

Arrivé en 1867, il consacrera près de soixante années de sa vie à la mission au Dahomey, gagnant le surnom affectueux de « Daga », le père du clergé dahoméen. Visionnaire et bâtisseur, il pose des jalons décisifs :

  • la rédaction du premier catéchisme en fongbé,
  • et l’instauration du denier de culte le 6 novembre 1911, marquant une première structuration financière de l’Église locale.

Former, structurer, transmettre

L’évangélisation ne s’est pas limitée à l’annonce de la foi ; elle s’est inscrite dans une dynamique de formation et de transmission.

Le 17 février 1914, l’ouverture du séminaire Sainte Jeanne d’Arc de Ouidah constitue un tournant majeur. Il donnera naissance, le 15 août 1928, au premier prêtre béninois : le Père Thomas Djogbénou Mouléro — symbole fort de l’appropriation locale de la foi chrétienne.

Cette dynamique se poursuit avec la création, le 4 mai 1943, de la première école des catéchistes à Zagnanado, renforçant l’enracinement de l’Église dans les communautés.

Ouidah, cœur battant de la mémoire ecclésiale

Parmi les symboles les plus forts de cette histoire, figure l’église de l’Immaculée Conception de Ouidah, consacrée le 9 mai 1909.
Élevée au rang de basilique mineure le 9 novembre 1989 par Jean-Paul II, elle incarne aujourd’hui encore la mémoire vivante de l’évangélisation au Bénin.

Une œuvre collective, portée par des générations

Cette histoire ne saurait être racontée sans évoquer les nombreux acteurs qui ont contribué à l’édification de l’Église :
Francis Aupiais, Paul-Henri Dupuis, Pierre Bouche, Alexandre Dorgère, Henri Poidevineau, Maurice Grenot,
mais aussi les évêques tels que Louis Parisot, Ernest-Marie Ménager, Louis Dartois, Jean-Baptiste Chaussé, Joseph Lecron, Hyacinthe Bricet, Robert Chopard-Lallier, Patient Redois et Noël Boucheix.

Autant de figures qui, chacune à leur manière, ont contribué à faire grandir une Église désormais profondément enracinée dans la société béninoise.

Faire mémoire pour mieux avancer

En 2011 déjà, le Bénin célébrait les 150 ans d’évangélisation. Quinze ans plus tard, ce 165e anniversaire invite à une réflexion plus profonde sur le sens de cette histoire.

Comme le rappelle le Père Rodrigue Gbédjinou : « Une Église qui ne sait pas faire mémoire ne vit pas profondément sa foi. »

Faire mémoire, ce n’est pas seulement regarder le passé. C’est reconnaître un héritage, en mesurer la portée, et en tirer une responsabilité pour l’avenir.

Une Église en chemin

Aujourd’hui encore, l’Église du Bénin poursuit son chemin, portée par l’action de l’Esprit Saint, dans un contexte en constante évolution.
Entre fidélité à son histoire et adaptation aux défis contemporains, elle continue d’être un acteur spirituel, social et éducatif majeur.

À travers les générations, une même invitation demeure : « Toujours, combats le bon combat de la foi. »

Hugues Hector ZOGO

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